Si vous aimez les ambiances cinématographiques, les films d’épouvante, les sons de synthèses, les boîtes à rythmes et l’écriture en français, ce disque est pour vous. Si vous préférez que la pop l’emporte sur le rock, si vous pensez qu’Ennio Morricone pourrait composer avec des boucles, si vous aimez le parlé-chanté et les sombres histoires, ce disque rentrera dans votre collection. Si l’ombre de Warum Joe ne vous fait pas peur, si vous recherchez des sensations, si le groupe feu «oui oui» cher à Gondry vous interpelle, si les chansons d’amour un peu zarb vous rappelle vos propres histoires, si vous aimez les super superpositions de claviers en nappes et les solos du même instrument à deux doigts, alors foncez chez le disquaire, si vous en trouvez un. Si vous avez aimé voyager avec les taxis Girls et Falcos, si vous êtes immunisé contre la fièvre jaune, si les chants d’extraterrestre vous vont droit au cœur, si vous n’êtes pas devenu un cinglé du zapping et qu’il vous semble réglementaire que de jeunes musiciens aient enregistré un 15 titres alors emparez-vous de « Psyko Tropical Berlin ».
L'émission n°412 de rock à la casbah laisse Carte Blanche à Lionel et Marie des Liminanas. La couleur musicale de leur sélection est riche et éclectique en parfaite adéquation avec les univers cinématographiques que nous livre ce duo Perpignanais depuis quelques années.
Nous les avons rencontré juste avant leur concert au Labo de Vienne, une interview de 20' avant de monter sur scène.
Les Liminanas ne sont pas sur le modèle de ces générations spontanées du rock garage, ils n'ont pas ingurgité des mégaoctet de rock garage, ils n'ont pas décidé autour d'une bière de faire de la surf ou du blues, ils n'ont pas 20 ans. Ils y a eut des groupes avant The Liminanas tel que les Bellas que SDZ et Les Disques Steak Records ont eu la bonne idée de rééditer en format vinyle Belladelic il y a quelques années.
Et puis, Les Bellas se sont séparés et Les Liminanas sont nés. D'abord un duo a la vie comme à la scène, Marie derrière les futs et Lionel à la 6 cordes. Une première compo balancée sans trop d'attente sur une page Myspace de fortune et dans la foulée deux gros labels indé us Trouble in mind Records et Hozac Records qui sonnent à la porte. Lionel et Marie sont accueillanta et généreux, ils ouvrent grand leur porte et promettent aux deux labels un LP. Le premier qui pourrait s'intituler introducing The Liminanas sortira en Avril 2010 avec le single ''je ne suis pas très drogue'' qui déboulera 2 ans et demi plus tard sur les ondes de France Inter.
Les Liminanas ont pour habitude de tenir leur promesse, ils offrent donc leur second LP (été 2012) au label de Chicago Hozac Records. Le disque s'appelle Crystal Anis. Véritable merveille de rock sixties teinté de la culture des yéyé française.
Vous pourrez retrouver l'interview mise en onde par M.Arty sur http://www.casbah-records.com
En attendant voici leur playlist qui navigue entre musiques originales de film des années 60, pur rock'n'roll garage et autres explorations sonores.
Générique de La folie des grandeurs (Michel Polnareff) - 1972
Musique Originale de Ne nous fâchons pas (Rosbif Attack)
The Stooges - Funhouse - Down on the street
Suicide - S/T - Cheree
Booker T and the MG's - Green Onions - S/T
The Cramps - Songs the lord taught us - TV Set
Musique Originale de La Scoumoune (Francois de roubaix)
Lorsque notre disquaire favori, Dangerhouse, me parle du Kid et Les Marinellis pour me témoigner de son impatience de recevoir le nouveau LP "Les Jolies Filles" sorti par P. Trash Records, je reste plutôt surpris. Tout d'abord parce que c'est encore une nouveauté P.Trash records qui me passe entre les jambes, ensuite parce que un nom francophone sur le catalogue du label allemand aurait d'autant plus dû attirer mon attention
.
Sans trop de crainte, je me dis que j'irai forcément écouter cet album. Et puis mon rendez-vous de première écoute est précipité lorsque Bruno Dangerhouse nous fait écouter "Je n'ai que 20 Ans" lors de notre dernière émission où il était convié. Un titre léger, un refrain qui rejette la pression adulte, catchy et une ballade de grande qualité, qui je le sais déjà va m'accompagner dans ma crise estivale de re-questionnement post-adolescente inondée de festivité. Parfait.
Je me donne donc un autre rencart avec l'album, que je survole sur le net. Pas forcément très convaincu par le genre new garage 60's de l'album, je remet à plus tard notre prochain rendez-vous. Et puis aujourd'hui, c'est "T'es pas d'ici", titre introducteur de l'album qui m'est resté étrangement en tête pendant des heures, me filant la salive au bord des lèvres et l'envie de chanter très fort, très mal, au visage de tout le monde. La sensation ne me lâche pas, et j'en conclue de la manière la plus logique et sereine qui soit, qu'une force mystique m'invite à réécouter l'album ce soir.
Quel bonne idée ! Chaque été, un panel de deux ou trois artistes arrivent à m'accompagner pendant des mois. Sous le soleil qui tape, la tête vide de réflexion, je m'attache, je tombe amoureux de disques, comme un adolescent. Voilà donc un album qui risque d'être une conquête de cette étrange période qui pointe petit à petit le bout de son nez. Après des rapports nocturnes endiablés avec The Briefs, un amour épistolaire avec Ductronc, un flirt sans précédent avec les Black Lips, j'anticipe déjà comme un enfant ma prochaine amourette des jours où le soleil semble ne jamais vouloir se coucher. "Les Jolies Filles" est un excellent album, il flirte avec cette part d'adolescence qu'on n'aura plus jamais, il nous rappelle que les 60's étaient surement la meilleur période en termes de tubes sans prétention, et que le rock est le meilleur orateur des mauvaises manières. Le tout est fait sans piocher dans les stéréotypes épuisants du garage pop 60s, ou du rock'n'roll de manière général, et chaque titre n'attends que des auditeurs avec un creux au fond du ventre. Je vais donc essayer de ne pas réécouter les Marinellis, et de leur filer rencard cet été avec un verre de rosé. Bien que le 25 Avril, je me rendrais au Trokson à Lyon pour les voir en concert avec Les Guillotines, qu'ils vont accompagner sur une tournée Européenne sur ce mois d'Avril.
Il était temps que la jeunesse s'identifie de nouveau aux nineties. Les skaters voient enfin débouler une nouvelle génération de kids prêts à mettre le feu sous le soleil californien. Quoi de neuf sous les palmiers ! Les Black Lips sont déjà des dinosaures et Thee Oh Sees des parents d'une génération talentueuse : Fidlar, Useless Eaters, Foxygen, ...
Wavves devrait devenir dans les années à venir le nouveau fer de lance de la génération grunge /skate. Sous la houlette de Nathan Williams, leader torturé post adolescent, les Wavves reprennent l'histoire du trio de Seattle là où elle s'était stoppé net. Le groupe ne cache pas son amour/admiration/identification pour Nirvana - Waves a sorti un EP intitulé I Want to meet Dave Grohl et propose une pop grunge parfois sauvage souvent mélancolique et abimée.
Révélé l'année dernière par un premier album " King of the Beach'' " sur le label Fat Possum Records, Nathan Williams a choisi de fuir le confort pour autofinancer son futur album. Le jeune homme n'avait pas apprécié le choix artistique imposé par le label pour son précédent album (Fat Possum ne voulait pas du batteur originel - Billy Hayes - jugé pas assez doué). Nathan a tenu bon mais n'a pas souhaité rééditer l'expérience. Il s'est donc payé seul l'ensemble de la production pour avoir le contrôle et la liberté maximum sur "Afraid of Height". La post-production a été confié à l'une des signatures pop américaine (MIA, Santigold, Rihanna) John Hill pour un résultat assez génial. Le disque s'ouvre le titre Sail in the sun avec des petites notes qui pourrait devenir un générique de skin saison 10 avant de lâcher les chevaux.
Hormis une pochette très inspirée par la couv du premier LP des Artic Monkeys (portrait noir & blanc d'une jeune russe dans les années 50 le visage tatoué), Waves abandonne la légèreté du surf pour s'engouffrer dans une music dépressive pleine d'autodérision voire de flagellation. Génération désenchanté, la plume anxiogène et mortifère de Kurt Cobain n'est pas loin. Nathan Williams confie à un journaliste de Pitchfork être malade sous cachetons et complètement alcoolique.
Nathan Williams - ''I went to see a doctor once, and they recommended I take something for
anxiety and depression. I was put on something that was similar to
Prozac for a little bit. I took maybe six or seven pills''
Côté musique, cet album d'une profondeur exceptionnel a les deux pieds dans les années 90 oscillant entre la rage destructrice de Nirvana époque Nevermind sur les titres Beat me up ou Everything is my fault et la pop saturée de Weezer première génération avec Afraid of height et Demon To lean on.
On sent que Nathan Williams est un garçon en grande souffrance, en plein questionnement, mystique (Des références à Jésus et Dieu sont assez fréquentes sur l'album). Vivement la suite en espérant que l'histoire ne s'arrêtera pas dans une chambre d'hôtel comme se fut trop souvent le cas de jeunes génies torturé (il va avoir 27 ans en 2014).
Le cœur du Texas vibre de la vitalité artistique d'Austin. Il y a le géant SXSW Festival qui fait de l'ombre aux restes des initiatives. Pourtant derrière le colosse, le label Reverberation Appréciation Society est en train de faire revivre le psychédélisme rock, fils spirituel de Pink Floyd et autres groupes des seventies. Chaque année l'écurie du RAS Records grossie de groupe qui n'ont qu'une envie : renverser la suprématie des deux mastodontes du genre, les Black Angels et Black Rebel Motorcycle Club. Holy Wave fait partie des aspirants et frappe des deux poings à la porte avec ce premier LP (réunion de deux maxis) "Evil Hits" et leur tube Albuquerque Freakout. Le quatuor d'Austin œuvre dans un univers surf-psyché ancré dans les seventies. L'album s'ouvre sur une guitare acoustique lointaine perdue au milieu des vagues et des cymbales, Best Friend s'écrit lentement et la voix légèrement saturée de Kyle Hager reste fondue dans cette ballade quasi ésotérique. De titre en titre, on navigue dans des chansons parfois pop, souvent planante soutenue par de vrais refrains entêtants et des guitares rarement saturé. Les titres de Holy Wave ne vont jamais trop vite, ils accompagnent à merveille nos pensées vagabondes un lendemain de fête. Notre cerveau dans le formol se réveille peu à peu mais notre esprit reste quelque part dans les limbes éthyliques de la veille.
Low Culture (Dirtnap Records) - Screens
La culture des bas fonds est dans l'ADN des groupes de punk. Portland héberge depuis de nombreuses années un des labels les plus prometteurs et productif en matière de punk. Dirtnap records arrive à dénicher des combos (souvent us) à mi-chemin entre la mélodie pop propre au punk à roulette et l'urgence si chère au punk originel.
Celui à qui l'on doit cette marque de fabrique est Mark Ryan, leader et Génie du riff pour le compte des Marked Men, Mind Spiders. À la manière d'un Dan Auerbach (Black keys) pour Alive Records, il est le producteur en chef du label.
Il y a un an Chris Mason ex Shang a Lang et San et Cad de Total Jock décide de créer les Low Culture. C'est à l'occasion de leur premier concert que Joe Ayoub ex Marked Men les rejoint pour ne plus les quitter. Bonne nouvelle pour les Low Culture, effet réseau oblige - avoir un Marked Men à la guitare c'est avoir la quasi-certitude de signer son premier LP chez Dirtnap Records.
Un an plus tard, Low Culture sot son premier LP ''Screen'' avec Mark Ryan à la production. L'artwork de l'album laisse pressentir un groupe de punk à synthé futuriste. Laser fluo et ambiance floue. Il n'en est rien. Low Culture nous livre un album made in Dirtnap. Des refrains addictifs parfois en rupture, des guitares presque claires grattées à toute vitesse. Il s'autorise même une petite escapade hardcore sur le titre Touchy Feely. Une mention spéciale à Screens et i feel your ghost.
L'acteur principal de cet
album est un homme dont vous avez forcément entendu parler si vous répondez à l'une des conditions suivantes :
a/ sensible au punk de la fin des 90s
b/ Acharné aux hits des
Rocket From The Crypt, Pitchfork, Drive Like Jehu, Hot Snakes
c/ Amateur incontesté de
Swami Records*
Réponse - John Reis, chanteur
des Rocket From The Crypt, tenant de l'épicerie Swami Records et
figure difficile à contourner du garage/ punk rock ricain. -
Mentionné trop
rarement dans la Casbah, Reis est de nouveau sur le devant de la
scène, avec cette fois un nouvel album de son projet, The Night
Marchers. Le groupe est apparemment une version ¾ des Hot Snakes, ce
qui est amplement suffisant pour convaincre les aficionados des
Serpents Chauds (L'anglais a cette classe que le français n'aura
jamais). Batterie dynamique, guitares propres et affûtes, et ligne
de chant coup de poings, l'album nous envoie sur le ring dès le
début.
Le premier titre,
Tropical Depression laisse à supposer un album construit et
vampirique des styles. Sur une touche noisy de la guitare qui
introduit le morceau, le punch de la batterie et des lignes vocales
évoquent clairement un rock garage binaire à la Gories. Puis la pilule bien enfilée, on ne pourra refuser le
ultra punk et hi-energy Loud Doubt and Mean. Deuxième
titre qui nous empêche de savoir sur quel pied danser, mais qui a le
mérite nous vouloir faire danser. Vous l'aurez compris, nous avons
affaire à un album de hits, comme le précise si bien John Reis
dans le titre presque hard rock « All Hits » :
Every word on my lips, every drop from my piss – it's all
hits. » (Encore une fois, nous apprécierons l'effet kiss cool de
cette punchline, une fois traduite en français). Ainsi,
non seulement cette album a de la gueule, mais il a aussi du style.
Chaque registre musical entrepris relève de l’exercice de style
pas chiant, bravo. « Allez, Allez » pourrait être un
insignifiant pet dans le vent, s'ajoutant à la longue liste des
albums de rock'n'roll traditionnel, mais The Night Marchers déclament
fermement leur identité.
On récent évidemment le passé de John
Reis, et les disques présents dans son salon, mais avec un panel
allant des Rocket From The Crypt, Hot Snakes, Dan Sartain, Michael
Yonkers, Oblivians, Chrome Cranks, The Bronx, Sonny Vincent, je pense
qu'on peut clairement s’extasier que le rock punk nous offre encore
des disques aussi bons. Enfin, si vous avez un peu raté la
bousculade que furent les anciens groupes de John Reis, « Allez,
Allez » est un sacré portail sur une discographie
intéressante. Ce qui n'est pas déplaisant, en cette époque où les
buzz mensuels nous laissent souvent dans un vide déstabilisant une
fois l'engouement étouffé.
*Note au lecteur : les trois cas
de figures généralement co-existent.