dimanche 16 juin 2013

WIMPS - Repeat (End Of Times Records)

Wimps est un trio punk cérébral de Seattle. En fin d'année 2012, dans une sorte d'élan médiatique rare pour un groupe naissant, Wimps a lâché un premier single Nap annonciateur d'une sortie officielle en mars 2013. Nous avions diffusé ce titre dans nos émissions et il inaugura même notre première compilation gratuite que nous offrons aux abonnés à notre newsletter. Nap avait fait plus qu'attirer l'attention du geek rock garage que je suis capable d'être parfois, il avait éveillé l'intérêt de Pitchfork, le faiseur de tendance . Il faut dire que Nap avait tout du tube. Une construction punk ,déstructurée, mais avec un refrain entêtant, le chant de Rachel Ratner mi-éructé mi-mélodieux rythmant une chanson à l'efficacité rare. Trois mois s'écoulent et l'arrivée de l'album ''Repeat'' fait flop. Pas de presse, pas d'écho, rien. Un silence lourd qui pourrait s'expliquer par la sortie simultanée de mastodontes tels que Thee Oh Sees, Hanni El Katib ou The intelligence. Loin d'être un groupe majeur, The Intelligence reste le combo prioritaire de Dave Ramm qui tient la rythmique de Wimps. Les priorités promotionnelles de The Intelligence ont dû mettre sous silence les envies d'exister de Wimps. Pour enfoncer le clou autant dire que Wimps ressemble plus à une récréation pour chacun des membres qu'à un projet à part entière. Initialement formé par le bassiste Matt Nice du groupe Meth Teeth, et par la suite rejoint par Rachel Ratner de Butts et Dave Ramm de The Intelligence. Sorte de cinquième roue de carrosse, Wimps serait-il condamné à n'exister que sur album et sans promotion ?



Ce serait vraiment dommage tant ce premier opus est convaincant. Jouer pour le fun, ne pas se poser de questions est une garantie d'authenticité et de liberté. Repeat, titre homonyme de l'album est un joyau punk riche aux rythmiques saccadées et réfléchies avec un refrain névrotique "when, your, life, seems, stuck, on, repeat, eat, sleep, eat, sleep, eat, sleep (repeat)". à deux voix Rachel répondant à Matte. Que dire de l'ouverture quasi suicidaire du disque sur sleep late qui n'a aucun début qui claque au visage comme une gifle soudaine. On sent évidemment la patte de The intelligence sur le trio avec des titres tel que Grump ou Quit your job et ses guitares anti-mélodiques qui vous font de la note par note pour désorienter l'auditeur. 


Wimps vient de commettre son premier opus repeat sur un jeune label " end of time records " et ce disque vaut le détour. Quel bonheur ! Entendre du punk orchestré par de bons musiciens qui s'amusent à intellectualiser un style qui ne mobilise que peu de neurones en état de marche. Pitchork avait même évoqué un punk dadaïste. Je n'irais pas jusque-là, car j'ignore tout du dadaïsme. Donc sans aller aussi loin, je peux vous assurer que Wimps, c'est du putain de bon punk fait avec beaucoup d'intelligence et que je rêve de les voir sur scène un jour.

M.ARTY

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mercredi 12 juin 2013

Feeling Of Love - Reward your grace (Born Bad Records, 2013)

Ça y est, je suis un vieux con...
J'ai découvert The Feeling Of Love alors que "OK Judge Revival" venait de sortir et ça m'a plu instantanément. Enfin, quelques titres parmi les plus évidents. Puis j'ai insisté. Il y avait d'authentiques morceaux de Velvet dedans, et d'autres choses encore, fort nouvelles pour mes oreilles que je croyais blasées. Alors ça a tourné. Et pas qu'un peu. Puis "Dissolve Me" est arrivé à la maison et j'étais tout triste. Beuh... C'est quoi ce truc ? Non, cela ne se peut... Nonobstant cette première décevante, à force d'insistance, cet album s'est imposé comme un des best-of personnels. Finis les guitares qui font saigner les oreilles et les morceaux un peu anecdotiques. La composition s'est affinée tout en s'apaisant, la production a permis au son de prendre une autre ampleur, rhôô que c'est bon. La bande-son idéale pour accompagner tout déplacement automobile dans l'immensité déserte et désolée de plateaux céréaliers écrasés par un plafond nuageux aussi bas qu'anthracite et tourmenté ou pour meubler l'intérieur d'un salon confortablement intimiste et réchauffé par un feu de bois après une rude journée de labeur. Un album total.
Ces sentiments sont sortis renforcés d'un impeccable concert au Clacson, malgré une atmosphère étrange due, selon des sources d'une fiabilité très douteuse, à un plat de lasagnes... Une tension communicative chez chacun, une guitare finement torturée, des morceaux martelés (quel jeu de batterie !), parfaitement maîtrisés, un public sous contrôle. Trop bien. J'aime ce groupe, vraiment. Et cette déclaration d'amour a de l'importance.


L'impatience était donc de mise : un nouvel album, vite !
Le split 45 t partagé avec Ty Segall, avait un peu calmé les crises de manque, le j'en veux toujours plus, la soif d'encore. Provisoirement, car l'envie de sensation de l'amour est revenue bien vite, trop vite. Enfin, un bruineux matin d'avril, la voiture de la gentille postière a stoppé devant chez moi et, nimbé d'un seul et unique rayon de soleil cisaillant la printanière grisaille basse-bourguignonne, un carton d'une cinquantaine de centimètres de côté sur une épaisseur de quelques uns à peine a comme flotté jusqu'à moi au dessus de quelques stères de charme jetés en vrac, alors que j'étais bien emmerdé avec cette " %&#$µ£ "  de tronçonneuse, en fait c'était parce que je n'avais pas bien nettoyé l'arrivée d'huile de chaîne et ça coulait de partout sauf là où il fallait que ça aille, c'est-à-dire sur la chaîne, qui avait logiquement tendance à chauffer et donc à s'émousser et franchement, il faut le reconnaître, il y difficilement plus contre-productif que ce type de situation. Malgré l'excitation palpitant mon malheureux muscle cardiaque, il m'a fallu attendre le soir pour profiter de la nouvelle livraison.
Au crépuscule, le bois sec crépitait dans la poêle, réchauffant une atmosphère rendue solennelle par l'importance du moment. Les premiers symptômes de l'émoi commençaient à se faire sentir : la bouche sèche, les oreilles en feu, le cœur battant la chamade, oh mon dieu, cet énorme disque n'entrera jamais dans ma petite platine toute moite, tout ça.
Et c'est à ce moment précis que je suis devenu un vieux con.
Il y a eu le truc classique : Beuh... C'est quoi ce truc ? Non, cela ne se peut... Et si... Bon, sur le coup, je n'ai pas vraiment paniqué : je connais le coup maintenant. Première écoute décevante, puis montée progressive vers l'orgasme et sourire béat post-coïtal classique. Sauf qu'on est maintenant en juin et que toujours rien... Merde. J'ai lu les chroniques des autres, dithyrambiques, lu de très intéressantes interviews-explications morceau par morceau, écouté, réécouté. Des portes se sont ouvertes, des morceaux dévoilent leurs qualités, certaines. Mais y'a comme un truc...


Place maintenant à l'analyse du pourquoi du comment. Je ne vais pas refaire l'album morceau par morceau, d'autres que moi l'ont déjà fait, et bien mieux que je ne le pourrais. Je crois sincèrement que c'est une question de goût personnel. La tournure "pop" est volontaire, assumée par les membres du groupe et moi je n'aime pas la pop (à me relire, ce que je viens d'écrire est complètement con, mais j'ai décidé d'assumer). Mais cela ne peut s'arrêter là. Les morceaux sont-ils mauvais ? Loin de là ! Et je m'en voudrais de penser et d'écrire ce genre de chose concernant un groupe dont la musique comme l'attitude m'impose le respect. Mais je n'accroche pas. La preuve, c'est que même si je n'accroche pas, je sifflote. Je persiste, les morceaux n'ont rien de mal composé, au contraire, ils se sont complexifiés, sont plus ambitieux, plus aboutis. Mais The Feeling Of Love excellait dans la répétitivité (on a assez cité les influences krautrock, Suicide, Spacemen 3, etc, les concernant), dans la transe. Or, je n'arrive pas à retrouver cette lancinance réitérative, à prendre cette calotte tant espérée (à l'exception notoire de Castration's Fields, morceau fascinant incarnant le plus mes attentes feelingoflovesques, ou de I Could Be Better Than You, But I Don't Wanna Change, déjà présent sur le split susnommé). Et pour ce qui me concerne, c'est là que le bât blesse : flotte une atmosphère d'étrange légèreté à laquelle j'ai du mal à me faire... Encore qu'en concert, l'atmosphère de tension imposée par ce groupe majeur de la scène française doit sublimer ces mêmes compositions (mais pourquoi évitent-ils consciencieusement de jouer à moins de 250 km de mon domicile ?).


Cette idée m'amène à un deuxième élément d'explication : la production. Je suis loin d'être un spécialiste de la chose, mais à force d'écoute (car j'insiste !), deux aspects m'ont particulièrement sauté aux oreilles. Le son est propre, presque trop, et donne une teinte très 90's aux morceaux, qui n'atteignent pas de ce fait l'intensité rêche des albums précédents. Et la batterie de Seb Normal, sur laquelle j'avais bloqué comme jamais auparavant, sonne plus "molle", moins présente, plus classique, en somme. Et je crois que pour ma part, c'est là que tout se joue. Ce disque, nonobstant des qualités intrinsèques indéniables en terme de composition, sonne classique, moins dense, moins torturé (malgré des thèmes lugubres, puisque tournant globalement, pour ce que j'en ai compris, autour de la mort). Et l'auditeur que je suis éprouve des difficultés à s'immerger pleinement sur la longueur, ne retrouvant pas la densité de l'album précédent. Merde, non, pas ça, pas "c'était mieux avant", je m'étais promis, pourtant... Quand je vous dis que je suis devenu un vieux con...
LA GOGNE









lundi 10 juin 2013

Black Angels - Indigo Meadows (Blue Velvet Records)

Si les Black Angels ne sont pas des nouveaux venus dans le monde du rock'n'roll, rayon psychédélique noise rock, je suis pour ma part un novice du style et de ce groupe soi-disant emblématique. Plus je lis les chroniques autour de leur dernier opus "Indigo Meadow'' et plus je me dis que cet album a été écrit pour les mecs comme moi. Un album pour toucher le cœur et l'oreille des Incultes en matière de circonvolutions saturées. D'ailleurs lorsque je dis que je n’arrête pas d'écouter "Indigo Meadows'', on me demande si je connais leur précédent album et on me conseille vivement de me jeter dessus. J'hésite vraiment, car je sais d'avance que des chansons qui dépassent les 5' ont pour principale caractéristique de me briser les couilles.
Les Black Angels sont donc un groupe d'Austin qui sévit depuis 10 ans de manière charismatique sur le petit microcosme des bouffeurs de champignons, amateurs de tee-shirt multicolores à spirale et improvisateur de solo à durée indéterminée. Leur premier album pouvait atteindre la durée de 76' pour à peine 12 titres soit une durée moyenne de 6' par titre. Avec le temps, le groupe a laissé en chemin leur chanteuse (visiblement la plus radicalement opposé à toute forme de concessions musicale) et l'album est passé à 60' en 12 titres soit une durée moyenne de 5' par titre. Le groupe a perdu quelques fans et son bassiste qui finira d'achever les amoureux de la première heure qui continue d'attendre avec impatience la reformation de Sweet Smoke



Indigo Meadow arrive avec des chansons taillées pour les novices (pas une n’excède 3'30''). L'album s'ouvre sur le titre éponyme ''Indigo Meadows " et nous place immédiatement dans une ambiance atmosphérique et électrique. La voix est magnétique et laisse parfois penser à un certain Jim Morrisson, le titre " … " est d'ailleurs un plagiat réussi des Doors. Continuant de rompre avec le passé pour s'ouvrir un nouveau public, les Black Angels nous livrent quelques titres quasiment pop avec des refrains imparables tel que Don't play with guns, Love me Forever alors que le titre Evil Thing met un pied dans le stoner de bonne facture. Ce qui est étonnant avec les black Angels c'est qu'il arrive à me captiver avec des styles que j'affectionne peu. Je recommande donc ce disque à tous les novices en matière de rock psychédélique.


M.ARTY

jeudi 6 juin 2013

La femme - Psyko Tropical Berlin (Born Bad Records)

Si vous aimez les ambiances cinématographiques, les films d’épouvante, les sons de synthèses, les boîtes à rythmes et l’écriture en français, ce disque est pour vous. Si vous préférez que la pop l’emporte sur le rock, si vous pensez qu’Ennio Morricone pourrait composer avec des boucles, si vous aimez le parlé-chanté et les sombres histoires, ce disque rentrera dans votre collection. Si l’ombre de Warum Joe ne vous fait pas peur, si vous recherchez des sensations, si le groupe feu «oui oui» cher à Gondry vous interpelle, si les chansons d’amour un peu zarb vous rappelle vos propres histoires, si vous aimez les super superpositions de claviers en nappes et les solos du même instrument à deux doigts, alors foncez chez le disquaire, si vous en trouvez un. Si vous avez aimé voyager avec les taxis Girls et Falcos, si vous êtes immunisé contre la fièvre jaune, si les chants d’extraterrestre vous vont droit au cœur, si vous n’êtes pas devenu un cinglé du zapping et qu’il vous semble réglementaire que de jeunes musiciens aient enregistré un 15 titres alors emparez-vous de « Psyko Tropical Berlin ».
STiMBRE

mardi 30 avril 2013

La playlist des Liminanas

L'émission n°412 de rock à la casbah laisse Carte Blanche à Lionel et Marie des Liminanas. La couleur musicale de leur sélection est riche et éclectique en parfaite adéquation avec les univers cinématographiques que nous livre ce duo Perpignanais depuis quelques années.
Nous les avons rencontré juste avant leur concert au Labo de Vienne, une interview de 20' avant de monter sur scène.

Les Liminanas ne sont pas sur le modèle de ces générations spontanées du rock garage, ils n'ont pas ingurgité des mégaoctet de rock garage, ils n'ont pas décidé autour d'une bière de faire de la surf ou du blues, ils n'ont pas 20 ans. Ils y a eut des groupes avant The Liminanas tel que les Bellas que SDZ et Les Disques Steak Records ont eu la bonne idée de rééditer en format vinyle Belladelic il y a quelques années.


Et puis, Les Bellas se sont séparés et Les Liminanas sont nés. D'abord un duo a la vie comme à la scène, Marie derrière les futs et Lionel à la 6 cordes. Une première compo balancée sans trop d'attente sur une page Myspace de fortune et dans la foulée deux gros labels indé us Trouble in mind Records et Hozac Records qui sonnent à la porte. Lionel et Marie sont accueillanta et généreux, ils ouvrent grand leur porte et promettent aux deux labels un LP. Le premier qui pourrait s'intituler introducing The Liminanas sortira en Avril 2010 avec le single ''je ne suis pas très drogue'' qui déboulera 2 ans et demi plus tard sur les ondes de France Inter.



Les Liminanas ont pour habitude de tenir leur promesse, ils offrent donc leur second LP (été 2012) au label de Chicago Hozac Records. Le disque s'appelle Crystal Anis. Véritable merveille de rock sixties teinté de la culture des yéyé française.



Vous pourrez retrouver l'interview mise en onde par M.Arty sur http://www.casbah-records.com
En attendant voici leur playlist qui navigue entre musiques originales de film des années 60, pur rock'n'roll garage et autres explorations sonores.

Générique de La folie des grandeurs (Michel Polnareff) - 1972


Musique Originale de Ne nous fâchons pas (Rosbif Attack) 



 The Stooges - Funhouse - Down on the street



 Suicide - S/T - Cheree



 Booker T and the MG's - Green Onions - S/T



The Cramps - Songs the lord taught us - TV Set



 Musique Originale de La Scoumoune (Francois de roubaix)



 Grinderman - S/T - no pussy blues



Musique Originale de Midnight Cowboy (john barry)

jeudi 4 avril 2013

Le Kid et les Marinellis - "Les Jolies Filles"

Lorsque notre disquaire favori, Dangerhouse, me parle du Kid et Les Marinellis pour me témoigner de son impatience de recevoir le nouveau LP "Les Jolies Filles" sorti par P. Trash Records, je reste plutôt surpris. Tout d'abord parce que c'est encore une nouveauté P.Trash records qui me passe entre les jambes, ensuite parce que un nom francophone sur le catalogue du label allemand aurait d'autant plus dû attirer mon attention

.

 Sans trop de crainte, je me dis que j'irai forcément écouter cet album. Et puis mon rendez-vous de première écoute est précipité lorsque Bruno Dangerhouse nous fait écouter "Je n'ai que 20 Ans" lors de notre dernière émission où il était convié. Un titre léger, un refrain qui rejette la pression adulte, catchy et une ballade de grande qualité, qui je le sais déjà va m'accompagner dans ma crise estivale de re-questionnement post-adolescente inondée de festivité. Parfait. Je me donne donc un autre rencart avec l'album, que je survole sur le net. Pas forcément très convaincu par le genre new garage 60's de l'album, je remet à plus tard notre prochain rendez-vous. Et puis aujourd'hui, c'est "T'es pas d'ici", titre introducteur de l'album qui m'est resté étrangement en tête pendant des heures, me filant la salive au bord des lèvres et l'envie de chanter très fort, très mal, au visage de tout le monde. La sensation ne me lâche pas, et j'en conclue de la manière la plus logique et sereine qui soit, qu'une force mystique m'invite à réécouter l'album ce soir.

 

 Quel bonne idée ! Chaque été, un panel de deux ou trois artistes arrivent à m'accompagner pendant des mois. Sous le soleil qui tape, la tête vide de réflexion, je m'attache, je tombe amoureux de disques, comme un adolescent. Voilà donc un album qui risque d'être une conquête de cette étrange période qui pointe petit à petit le bout de son nez. Après des rapports nocturnes endiablés avec The Briefs, un amour épistolaire avec Ductronc, un flirt sans précédent avec les Black Lips, j'anticipe déjà comme un enfant ma prochaine amourette des jours où le soleil semble ne jamais vouloir se coucher. "Les Jolies Filles" est un excellent album, il flirte avec cette part d'adolescence qu'on n'aura plus jamais, il nous rappelle que les 60's étaient surement la meilleur période en termes de tubes sans prétention, et que le rock est le meilleur orateur des mauvaises manières. Le tout est fait sans piocher dans les stéréotypes épuisants du garage pop 60s, ou du rock'n'roll de manière général, et chaque titre n'attends que des auditeurs avec un creux au fond du ventre. Je vais donc essayer de ne pas réécouter les Marinellis, et de leur filer rencard cet été avec un verre de rosé. Bien que le 25 Avril, je me rendrais au Trokson à Lyon pour les voir en concert avec Les Guillotines, qu'ils vont accompagner sur une tournée Européenne sur ce mois d'Avril.

  http://lesmarinellis.bandcamp.com/
 http://www.ptrashrecords.com/

lundi 1 avril 2013

Review Avril I - Wavves

Wavves (Mom + Pop Records) - Afraid of Height

Il était temps que la jeunesse s'identifie de nouveau aux nineties. Les skaters voient enfin débouler une nouvelle génération de kids prêts à mettre le feu sous le soleil californien. Quoi de neuf sous les palmiers ! Les Black Lips sont déjà des dinosaures et Thee Oh Sees des parents d'une génération talentueuse : Fidlar, Useless Eaters, Foxygen, ...
Wavves devrait devenir dans les années à venir le nouveau fer de lance de la génération grunge /skate. Sous la houlette de Nathan Williams, leader torturé post adolescent, les Wavves reprennent l'histoire du trio de Seattle là où elle s'était stoppé net. Le groupe ne cache pas son amour/admiration/identification pour Nirvana - Waves a sorti un EP intitulé I Want to meet Dave Grohl et propose une pop grunge parfois sauvage souvent mélancolique et abimée.

 Révélé l'année dernière par un premier album " King of the Beach'' " sur le label Fat Possum Records, Nathan Williams a choisi de fuir le confort pour autofinancer son futur album. Le jeune homme n'avait pas apprécié le choix artistique imposé par le label pour son précédent album (Fat Possum ne voulait pas du batteur originel - Billy Hayes - jugé pas assez doué). Nathan a tenu bon mais n'a pas souhaité rééditer l'expérience. Il s'est donc payé seul l'ensemble de la production pour avoir le contrôle et la liberté maximum sur "Afraid of Height". La post-production a été confié à l'une des signatures pop américaine (MIA, Santigold, Rihanna) John Hill pour un résultat assez génial. Le disque s'ouvre le titre Sail in the sun avec des petites notes qui pourrait devenir un générique de skin saison 10 avant de lâcher les chevaux.


Hormis une pochette très inspirée par la couv du premier LP des Artic Monkeys (portrait noir & blanc d'une jeune russe dans les années 50 le visage tatoué), Waves abandonne la légèreté du surf pour s'engouffrer dans une music dépressive pleine d'autodérision voire de flagellation. Génération désenchanté, la plume anxiogène et mortifère de Kurt Cobain n'est pas loin. Nathan Williams confie à un journaliste de Pitchfork être malade sous cachetons et complètement alcoolique.

Nathan Williams - ''I went to see a doctor once, and they recommended I take something for anxiety and depression. I was put on something that was similar to Prozac for a little bit. I took maybe six or seven pills''

Côté musique, cet album d'une profondeur exceptionnel a les deux pieds dans les années 90 oscillant entre la rage destructrice de Nirvana époque Nevermind sur les titres Beat me up ou Everything is my fault et la pop saturée de Weezer première génération avec Afraid of height et Demon To lean on.
On sent que Nathan Williams est un garçon en grande souffrance, en plein questionnement, mystique (Des références à Jésus et Dieu sont assez fréquentes sur l'album). Vivement la suite en espérant que l'histoire ne s'arrêtera pas dans une chambre d'hôtel comme se fut trop souvent le cas de jeunes génies torturé (il va avoir 27 ans en 2014).






Bientôt programmée dans Rock à la casbah - http://www.casbah-records.com

M.ARTY